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Un vrai stade et vite

Football365


Le LOSC ne serait sans doute pas leader de la D1 si la DNCG lui avait ôté le statut professionnel en 1994, comme elle en a eu la tentation pressante alors que les finances du club étaient dans un état catastrophique. Mandaté par la mairie, propriétaire du club, le président Bernard Lecomte a mené un effort d'assainissement qui a permis la privatisation en 2000. Récit d'une mue.

Luc DAYAN
42 ans
Médecin du sport de formation (jusqu'en 1989), entrepreneur dans le marketing sportif via WND ("What's new doc", avec le PSG-omnisports et la Fédération Française de Basket, entre autres) et dans la téléphonie mobile avec Walkphone, gérant de la holding Iday Plus, qui chapeaute les deux entreprises.
Membre de la commission marketing de la Ligue nationale.

Francis GRAILLE
45 ans
Journaliste de formation, PDG de Visual, filiale de France Télécom.

Pierre DREOSSI
Né le 12 octobre 1959 à Roubaix
Défenseur
Joueur professionnel à Lille (1977-1983), Sochaux (1983-85), Nice (1985-1988), Paris SG (1988-1989), Cannes (1989-1993)
473 matches et 4 buts en D1, 3 matches en coupe de l'UEFA avec Cannes Champion de France de D2 en 1978

1994-1998 : Un sauvetage chapeauté par Bernard Lecomte
Au départ, la fureur du maire. Propriétaire du LOSC à 80% via une société d'économie mixte spécialement conçue pour gérer le club - ce qui a longtemps fait de Lille un club quasi public - la municipalité lilloise, lassée d'éponger les dettes toujours croissantes d'une équipe sans résultat, décide de passer la main à des entrepreneurs privés. "L'équipe ne marque pas" râle Pierre Mauroy. Mais il faut que le bébé soit beau.
En 1994, alors que le club est toujours en D1 mais au bord du dépôt de bilan, le maire nomme Bernard Lecomte à la présidence du club, après des années d'allées et venues qui n'ont pas été pour rien dans la dérive sportive et financière du club. Pour y voir plus clair, le nouveau patron commande un audit des finances.
Résultat : 36 millions de dettes et un trou de 39 millions dans le capital, soit un total de 75 millions de francs de deficit à résorber... La DNCG n'a pas attendu le rapport pour envisager la solution radicale d'une rétrogradation administrative.
Pour s'en sortir, le président vend ses meilleurs joueurs - Becanovic pour 9 millions à l'OM et Sibierski pour 6 millions à Auxerre, réduit les salaires, renégocie les dettes, obtient de la municipalité une aide exceptionnelle de 5 millions, et se débrouille pour dégager un bénéfice annuel à peu près équivalent. Bernard Lecomte mettra quatre ans à éponger toutes les dettes.
Entre temps, le club est descendu en D2 en 1997. Il échoue dans sa tentative de remontée immédiate et s'englue même dans cette division dont il ne semble pas avoir compris grand chose. A l'automne 1998, Lille est dix-septième lorsque le président licencie Thierry Froger confie le rôle d'entraîneur à Vahid Halilhodzic. La suite est connue. L'importance de ce choix pour l'avenir du LOSC, aussi.
Une fois les comptes remis à flot, Bernard Lecomte doit achever la privatisation en débusquant un successeur efficace à cette mairie qui n'en peut plus de soutenir un bide sportif à grand frais, et qui n'ignore rien des sommes de plus en plus importantes qu'invite à brasser le football de haut niveau.

1999-2000 : Le duo Dayan-Graille pilote la SAOS
Au début de l'année 1999, Luc Dayan et Francis Graille, deux hommes de marketing bien introduits dans l'univers du sport professionnel (Dayan a participé au rapprochement entre Canal + et le PSG) se font connaître et laissent un a priori très favorable au président Lecomte. Même s'ils sont les seuls à ainsi lever le doigt, Bernard Lecomte teste la côte d'amour de son club auprès des candidats repreneurs en fixant la barre assez haut : il demande 5 millions pour le recrutement à verser sur le compte courant du club, plus la garantie d'une augmentation budgétaire de 15 millions pour la saison suivante. Dayan et Graille disent banco.
Ils n'auront face à eux qu'un seul projet concurrent, pour pas longtemps, avec le montage "Foot en Nord", émanation de plusieurs entreprises régionales pilotée par Denis Guyennot (Infogrammes), ISL et la famille Mulliez (Auchan), qui se fait connaître en novembre 1999.
En décembre 1999, Dayan et Graille sont désignés par la ville pour le rachat des parts municipales. Ils fondent la société SOCLE (anagramme de LOSC) pour cette seule opération. Les co-actionnaires principaux des deux hommes sont Isidore Partouche, déjà sponsor maillot, PDG du groupe du même nom, et Michel Cacouault, président de la société Giraudy.
Acquise sur le principe par un vote municipal et un protocole d'accord signés en juillet 1999, la cession est cependant retardée par la préfecture, qui conteste le prix initial de cession des 50 000 actions de la mairie, et obtient son augmentation de 3 à 5 francs, portant le coup de l'opération à 250 000 francs. En échange, la mairie s'engage à construire un stade ou à rénover Grimonprez-Jooris de fond en comble au 1er mars 2003.
Les nouveaux hommes forts garantissent une rallonge supplémentaire de 15 millions pour le dernier budget de la saison 1999-2000 et planchent sur la réorganisation du club, rendue nécessaire par la démission de Bernard Lecomte, qui "a fini sa mission" déclare-t-il lui-même en novembre 1999 pour officialiser sa décision.
Luc Dayan prend la présidence du LOSC en mars 2000, mais vivant à Nice, précisé d'entrée qu'il en délègue la direction quotidienne à Pierre Dréossi, directeur sportif sous l'ère Lecomte, nommé directeur général depuis.
Le club redémarre l'aventure en D1 en juillet 2000, avec de nouveaux patrons et de nouvelles ambitions.

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