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Un vrai stade et vite

Football365


Longue période d'un yoyo permanent (descentes en 1956, 1959, 1968, 1972, 1977, 1997 - montées en 1957, 1964, 1971, 1974, 1978 et 2000) marqué par un retour à l'amateurisme en 1969, l'inauguration d'un nouveau stade en 1975, un deficit chronique et un interventionnisme municipal presque exclusif jusqu'à la privatisation de 1999-2000. Les meilleurs souvenirs datent de la période José Arribas (1977-1982), au milieu d'un flot continu de désillusions.

1955-1969 : Une lente agonie jusqu'au CFA
La saison 1954-55 avait eu valeur d'avertissement. En se maintenant en D1 grâce aux barrages, Lille s'était vu "juste" pour la première fois depuis bien longtemps, mais en remportant la Coupe de France comme à son habitude, le club avait avancé la thèse de l'accident de parcours.
La saison 1955-56 voit le départ de trois joueurs clefs pour raisons salariales. Jean Vincent est vendu à Reims pour 19 millions d'anciens francs plus la recette de Lille-Reims (record à l'époque), Bernard Lefèvre part à Saint-Etienne et Robert Lemaitre au Havre. Ces départs et une bonne subvention municipale (7 millions) suffisent à équilibrer le budget, mais ils ne sont pas compensés par de véritables renforts.
Affaibli, le club plonge dans le bas du tableau. Le président Henno - qui perd son conciliant vice-président, Henry Kretschmar - est accusé d'avoir dilapidé le magot issu de la fusion OL-Fives en ne remplaçant jamais les joueurs mutés, et en ne cherchant jamais la rallonge budgétaire.
Le public boude, et le déficit atteint 18 millions de francs en juin 1955. Pour la deuxième saison consécutive, il faut passer par les barrages, grâce à une avance sur Bordeaux due au seul goal-average. Lille et le voisin Valenciennes se quittent bons amis à l'issue des deux premiers matches (1-0, 1-2), mais la belle revient aux Valenciennois. Lille quitte la D1 sur un violent 0-4, le 25 juin 1955, au Parc des princes.
Lille marquera 99 buts au cours de la première saison de purgatoire, ce qui assure une troisième place. Il faut passer une nouvelle fois par les barrages pour choisir entre la D1 et la D2. En trois matches et un penalty d'Yvon Douis contre Rennes, Lille retrouve la D1 dès 1957.
En accrochant une honorable sixième place en 1958, et en battant le grand Reims 2-0 au stade Henri-Jooris, le LOSC se croit reparti sur le droit chemin, avec sa recrue de prestige François Heutte. Ce n'était en réalité qu'un sursaut d'orgueil : la D2 est à nouveau au programme à l'issue de l'exercice 1958-59, à cause d'un parcours cette fois véritablement catastrophique.
Ce nouveau plongeon, le deuxième en trois saisons, coûte au club le départ de deux figures historiques : l'entraîneur André Cheuva, viré au printemps après treize ans de magistère, et le président Henno qui allait bientôt le suivre. André Strappe avait déjà quitté le club à l'intersaison.
Pendant cinq ans, le club naguère prestigieux fait le rude apprentissage de la D2. Classé 11ème en 1960 (mais les jeunes remportent la Gambardella !), 9ème en 1961, 8ème en 1962 et 7ème en 1963, le LOSC n'a plus de prestigieux que le nom et sa kyrielle d'anciennes gloires venues à l'occasion entraîner l'équipe. Jules Vandooren puis Jean Baratte se cassent les dents sur le poste avant l'arrivée de Jules Bigot.
C'est lui qui parviendra à hisser à nouveau le club en D1, en 1964, prolongeant ainsi une carrière marquée par une victoire en Coupe de France avec Toulouse en 1957, une montée en D1 pour Le Havre et un passage à la tête de l'équipe de France marqué par zéro défaite. Mais les finances du club restent précaire, malgré l'abondant soutien municipal.
Comme une mauvaise habitude, l'équipe rechute, sur fond de démission de présidents, d'ultimatums d'entraîneurs, de finances hésitantes. Les barrages lui sont nécessaires pour le maintien en D1 en 1966 (Bigot cède sa place à Langrand), mais une nouvelle descente condamne Lille en 1968. L'erreur majeure est surtout d'avoir laissé partir les deux piliers d'une équipe qui avait flirté avec les places européennes en 1967 (finalement 10e), Georges Peyroche et André Guy.
69, année pathétique. Le club s'apprête alors à toucher véritablement le fond. Médiocre 13e en D2, toutes caisses vidées, le LOSC renonce à son statut professionnel le 23 juin 1969. Pour la première fois depuis 1932, il n'y a plus de football professionnel à Lille. En CFA, vidé de ses meilleurs éléments, Lille frôle la descente en Division. d'honneur. La moyenne de spectateurs ne dépasse pas les 300. Un grand nom file tout droit vers les oubliettes.

1969-1978 : Lille s'en sort de justesse
Pour éponger un déficit qui atteint les 700 000 nouveaux francs (record) et en finir avec ce bilan consternant,un nouveau comité de soutien voit le jour et renfloue les caisses grâce à une série de matches amicaux de prestige, face au Feyenoord, au Standard Liège, à Marseille, à Anderletch, avec force renfort de Guy Lux et Annie Cordy pour animer la ville. C'est suffisant pour retrouver un statut professionnel dès 1970.
La saison 1970-71, dans le groupe Nord de la D2, est ponctuée par une belle remontée en D1 et une fête en ville comparable aux retours suivant les victoires en Coupe de France dans les années 40 et 50.
Mais le yo-yo continue, et malgré l'arrivée du Chilien Prieto - une authentique star - à l'issue de l'exercice 1971-72, Lille retrouve la D2 illico, malgré un titre de champion de France de D3. Las, les supporters organisent la démission de l'entraîneur René Gardien et son remplacement par Georges Peyroche en septembre 1973. Le LOSC retrouve la D1 au printemps 1974 à l'issue d'une saison exceptionnelle : 22 victoires et 1 défaite en 30 matches, 66 buts marqués pour 18 encaissés.
Lille se classe 13ème en 1975, après avoir tâlonné les leaders jusqu'à la trêve, mais les blessures de Deschodt, Fouilloux et Desmenez entraînent une inévitable baisse de régime. Coste et Parizon connaissent leurs premières sélections en équipe de France. Lille paraît reparti. Mais comme un refrain qui ne choque plus grand monde, le club redescend en Deuxième division en 1977, après avoir laissé filer ses meilleurs joueurs dont Prieto. La dette du LOSC est estimée à 6 millions de francs. N'en pouvant plus d'un spectacle si pitoyable, la mairie décide de prendre les affaires en main.
Roger Deschodt et Jacques Aymot sont nommés à la tête du club. Une société d'économie mixte pilotée par la municipalité voit le jour pour gérer le LOSC. Les nouveaux dirigeants vendent toutes les vedettes et réussissent - fait inédit depuis longtemps - un recrutement adapté avec Pleimelding, Dos Santos et Olarevic. Surtout, avec la nomination de José Arribas au poste d'entraîneur.
Dans une nouvelle enceinte, le stade Grimonprez-Jooris, inauguré en 1975 en raison de la vétusé du stade Henri-Jooris, détruit pour aggrandir le canal, Lille retrouve l'élite en 1978. Cette fois-ci, il y restera dix-neuf saisons.

1978-2000 : Un petit nom de la D1 jusqu'à Vahid Halilhodzic
Sur la base de l'équipe de 1978, José Arribas construit la formation qui laissera les meilleurs souvenirs jusqu'à l'épopée Halilhodzic de 2000-2001. Tout juste renforcé par Bergeroo dans les buts, l'Argentin Cabral et le latéral Marsiglia, et bientôt Joël Henry, il flirte avec l'Europe et termine à la sixième place. Le grand Saint-Etienne vient perdre 0-3 à Grimonprez-Jooris.
S'ajoute un quart de finale de Coupe perdu de justesse contre Auxerre après avoir éliminé Monaco. Cette belle saison ne sera pourtant jamais confirmée, la faute au manque de renforts à la malchance. En 1982, José Arribas quitte le club après plusieurs saisons moyennes et une incroyable élimination en 32e de finale de la Coupe de France par les amateurs de Lisieux, malgré Muslin, malgré Domergue, malgré Françoise, malgré Krimeau.
Lille ne se redonnera des frissons qu'en atteignant deux fois la demi-finale de la Coupe de France (1983 contre Nantes et 1985 contre Metz) avec Arnaud Dos Santos au poste d'entraîneur, puis en battant Bordeaux en match retour d'un quart de finale en 1987 (2-1), insuffisant cependant pour refaire un retard creusé au match aller.
En championnat, les supporters retiennent à peine une 6e place acquise un peu miraculeusement sous Jacques Santini en 1991. Pour le reste, les entraîneurs défilent, les mercenaires aussi, et ce qui semblait inévitable a finalement lieu en 1997 : Lille retrouve la D2 après lui avoir tournée autour pendant plusieurs saisons.
Jean-Michel Cavalli puis Thierry Froger ne parviennent pas à ancrer le club dans cette Deuxième division devenue très exigeante. Vahid Halilhodzic est nommé entraîneur en septembre 1998, alors que Lille pointe à la 17ème place. Il terminera la saison à la quatrième place.
Il enchaîne avec une saison 1999-2000 absolument parfaite : assomant le championnat d'entrée, le LOSC maintient et accroît son avancé sans faiblir tout au long de la saison. Un bilan en forme de record : 16 points d'avance, 25 victoires en 38 matches, un groupe soudé maintenu dans ses grandes lignes pour le retour en D1. Au bout du compte : la première qualification européenne du club.
Entre-temps, le club a été privatisé, cédé par la mairie à un groupe d'investisseurs piloté par les hommes d'affaire Luc Dayan et Francis Graille, relayés sur plae par l'ancien joueur losciste Pierre Dréossi. Une autre histoire commence peut-être.

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