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En disputant
sept finales de Coupe de France entre 1945 et
1955, en remportant deux titres de champions
en 1946 et 1954 et en atteignant la finale de
la Coupe latine en 1951, le LOSC (fusion de
l'OL et de Fives) s'impose comme le premier
club français de l'après-guerre. Garnie de nombreux
internationaux, l'équipe remporte son dernier
trophée en 1955, un an avant la création des
coupes européennes. Reims prendra le relais
sur la scène nationale.
Les présidents du LOSC avant l'ère municipale
:
Louis HENNO (1944-1959), Pierre KLES (1959-1962),
Jean DENIS (1962-1965), Robert BARBIEUX (1966-1970),
Max POMMEROLE (1970-1973), Paul-Max DELANNOY
(1973-1977).
Les entraîneurs du LOSC :
Georges BERRY (1944-1946), André CHEUVA (1946-1959),
Jules VANDOOREN (1959-1961), Jean BARATTE (1961-1963),
Jules BIGOT (1963-1966), Daniel LANGRAND (1966-1969),
Joseph JADREJAK (1969-1970), René GARDIEN (1970-1973),
Georges PEYROCHE (1973-1977), José ARRIBAS (1977-1982),
Arnaud DOS SANTOS (1982-1984), Georges HEYLENS
(1984-1989), Jacques SANTINI (1989-1992), Bruno
METSU (1992-1993), Henri KASPERCZAK (1993),
Pierre MANKOWSKI (1993-1994), Jean FERNANDEZ
(1994-1995), Jean-Michel CAVALLI (1995-1997),
Thierry FROGER (1997-1998), Vahid HALILHODZIC
(1998-2002), Claude PUEL (2002-...).
Les internationaux du LOSC :
Jean BARATTE (32 sélections), André STRAPPE
(23), Jean VINCENT (12 sur 46 sélections), Yvon
DOUIS (8/20), César-Jean RUMINSKI (7/7), René
BIHEL (5/6), Christian COSTE (5/5), Guillaume
BIEGANSKI (4/8), Joseph JADREJAK (3/3), Patrick
PARIZON (3/3), Jean LECHANTRE (3/3), Roger VANDOOREN
(3/4), Marius WALTER (2/2), Robert LEMAITRE
(2/25), Julien DARUI (2/25), Roger CARRE (2/2),
Jules BIGOT (2/6), Philippe BERGEROO (2/3),
André GUY (1/8), Boleslav TEMPOWSKI (1/1), Marcel
ADAMCZYK (1/1), Pierre PLEIMELDING (1/1), Antoine
PAZUR (1/1), Albert DUBREUCQ (1/1).
Le 25 mai 1941, l'Olympique lillois devient
l'OICL en fusionnant avec l'Iris club de Lambersart
(commune immédiatement limitrophe). Au printemps
1943, les pourparlers s'ouvrent pour envisager
une fusion OL/Fives. Les dirigeants fivois la
refusent dans un premier temps avant de s'y
résoudre, car l'instauration d'un championnat
fédéral rend cette concentration des moyens
vitale pour la survie du club.
Le 23 septembre 1944, Louis Henno préside le
tout nouveau Stade lillois, né de cette fusion
inespérée. Elle est solennisée par une visite
des dirigeants des deux clubs au monument aux
morts de l'OL, près du stade Victor-Boucquey.
Le stade lillois sera finalement rebaptisé Lille
olympique sporting club en novembre, en s'inspirant
des noms des deux parents. La dénomination n'avait
de toute façon pas beaucoup de sens puisque
le Stade lillois disputait ses matches à domicile
en alternant entre le stade Victor-Boucquey
de l'OL et le stade Virnot de Fives.
Le club remporte son premier match amical contre
le Red Star (3-2) le 1er octobre 1944, son premier
match de championnat au Parc des princes (2-1)
contre le Stade français, le 5 novembre 1944,
et son premier match sous le nom "LOSC" face
au Havre (9-2).
Dans les faits, cette réunion est une véritable
prouesse tant les rivalités entre les deux clubs
pouvaient, avant la guerre, déboucher sur les
conflits les plus aigus, en coulisses, sur le
terrain, dans les tribunes, jusque dans les
cafés.
1944-45 : finale de Coupe de France
La saison est décevante en championnat (5ème
du groupe Nord) mais voit naître les amours
du LOSC avec sa compétition fétiche : le Coupe
de France. La finale face au Racing (décidément
!) attire 49 983 spectateurs, qui assistent
à la promenade des Parisiens (3-0) malgré la
présence dans les buts lillois de celui qui
est considéré par certains témoins comme le
meilleur gardien de tous les temps, Julien Darui.
1945-46 : doublé Coupe-championnat
Le gardien-héros passe à l'ennemi en 1945, en
signant au CO Roubaix-Tourcoing. Il ratera d'un
cheveu ce qui reste à ce la meilleure saison
jamais réussie par le LOSC. En 1945-46, Lille
enlève un doublé Coupe-championnat, le seul
de son Histoire, sous la conduite de l'entraîneur
anglais George Berry.
La coupe est acquise le 26 mai 1946 face au
Red Star (4-2), devant presque 60 000 spectateurs,
et fêtée en ville dans un élan populaire démesuré.
Le 13 juin, c'est encore le Red Star qui rend
visite aux Lillois au stade Victor-Boucquey
le jour du sacre en championnat, qui a renoué
avec sa formule à une poule. Un futur grand,
Saint-Etienne (battu 8-2), se place juste derrière
le LOSC, avec l'un des innombrables ennemis
locaux, le "CORT", CO Roubaix-Tourcoing. Si
belle, la saison a failli être tâchée d'un terrible
drame, avec l'effondrement d'une tribune au
vieux stade Victor-Boucquey, le 17 février 1946.
Le stade croule véritablement sous le poids
de spectateurs sans billet qui ont trouvé refuge
au sommet des gradins, un jour de Lille-Lens
(18 000 personnes). Cinquante-trois blessés
et zéro mort : le bilan de l'après-midi relève
du miracle. Le stade est complètement reconstruit
et reçoit le nom de Henri-Jooris.
1946-47 : victoire en Coupe de France
Marceau SOMMERLYNCK, Monsieur Coupe : l'homme
qui a le plus souvent représenté le LOSC en
D1 (321 matches) a surtout disputé les cinq
finales victorieuses de 1946, 1947, 1948, 1953
et 1955, et a été privé des deux perdues en
1945 et 1949. Milieu gauche, polyvalent, ce
natif de Ronchin (banlieue lilloise) a débuté
à Fives, avec qui il a disputé une finale en
1941.
Le LOSC a tout pour conserver son titre : cinq
internationaux et une attaque flamboyante (89
buts malgré le départ de Bihel à Marseille).
Mais le départ en cours de saison du capitaine
François Bourbotte pour insulte envers ses dirigeants,
conflit le plus voyant d'un club très perturbé
en coulisses, n'acccouche que d'une décevante
quatrième place.
La Coupe est en revanche conservée face à Strasbourg
(2-0), mais la fête est gâchée par les querelles
entre les joueurs et l'encadrement.
1947-48 : victoire en Coupe de France
Toujours sur fond de querelles, Lille ne fructifie
pas son départ de champion en cédant sur la
fin face à Marseille (1-4) et contre le Stade
français (3-1). L'OM est champion avec un point
d'avance. Le salut vient encore de la coupe
de France, au cours de laquelle Lille sort en
quart de finale son ennemi héréitaire, le RC
Paris, et bat le RC Lens alors en D2 en finale
(3-2), devant 60 739 spectateurs à Colombes.
Mais le climat détestable au sein du club atteint
un tel sommet que les joueurs, trois heures
avant le coup d'envoi, menacent de ne pas disputer
le match en raison d'un différend sur les primes
de victoire! C'est pourtant la troisième victoire
consécutive du club dans la compétition. Un
véritable exploit.
1948-49 : vice-champion, finaliste de la Coupe
Lille perd sur le fil un titre de champion qui
était à sa portée. Au coup d'envoi de la dernière
journée, Lille accuse un retard d'un point sur
son poursuivant, Reims. Les Lillois gagnent
à Nice (2-1) alors que Reims est mené à la mi-temps
contre Sète (0-1), mais bientôt un orage s'en
mêle, et le match est reporté. Il se disputera
trois jours plus tard. Reims mène 2-1 lorsque
à la 89e minute, le gardien rémois sort une
arrêt exceptionnel pour ramener le titre en
Champagne.
Toujours qualifiés pour la finale de la Coupe,
les Lillois ne voient pas le jour face au grand
rival parisien, qui mènent 5-0 pour l'emporter
finalement 5-2.
1949-1950 : vice-champion
Comme chaque saison ou presque, Lille entame
la saison avec un parcours de champion potentiel.
Leaders avec six points d'avance au bout de
treize journée, les joueurs enrayent la machine
en nourrissant des tensions salariales avec
les dirigeants. En décembre, ils menacent de
ne pas aller jouer à Nice si leurs émoluments
ne sont pas revus à la hausse. Les dirigeants
cèdent à vingt minutes du départ. Mais Bordeaux
sera champion, devant Lille.
Le grand rival parisien bloque cette fois le
LOSC au stade des quarts de finale de la Coupe
(2-0).
1950-51 : vice-champion
Une saison de redoutables difficultés. Eliminés
2-0 en Coupe par Valenciennes alors en D2 (qui
compte dans ses rangs l'ex-stratège argentin
du LOSC Carlos Verdael), les Lillois passent
la saison dans le ventre mou du championnat
et - fait inédit - perdent deux matches consécutifs
à domicile. Alors que Marceau Sommerlynck se
met à craindre pour l'avenir du club en D1,
que le président Henno interdit aux journalistes
l'accès aux vestiaires, le LOSC réussit une
hallucinante fin de saison qui le fait remonter
jusqu'à la deuxième place, échouant derrière
Nice au goal-average.
Cette peformance vaut au club nordiste d'aller
disputer la Coupe latine à Madrid, l'ancêtre
des coupes européennes, car Nice, invité en
qualité de champion, a un engagement au Brésil.
Lille atteint la finale après un combat au couteau
contre le Sporting Lisbonne (1-1, 6-4) mais
doit céder face au grand Milan AC, 0-5.
1951-52 : troisième en D1, demi-finale en Coupe
Une sombre affaire de gardiens de but vient
ruiner les espoirs de trophée pendant la saison.
Alors qu'Angel est transféré à Nancy, le club
préfère recruter le Messin Val pour le remplacer,
provoquant la fureur du remplaçant lillois,
d'Archangelo, qui quitte le club en ruminant
sa déception de ne pas être numéro un.
Une blessure de Val en championnat laisse le
club sans gardien pro à la veille d'affronter
Bordeaux en demi-finale de la Coupe de France.
La campagne avait pourtant été prometteuse avec
les éliminations du CORT, de l'OM et de Monaco.
Weughe est estimé trop jeune et tendre. C'est
Baratte lui-même qui gardera finalement les
buts. Lille perd la demi-finale (1-2) après
prolongation.
En championnat, Lille se place à la troisième
place, derrière Nice et Bordeaux.
1952-53 : victoire en Coupe de France
La saison est honorable en championnat, avec
une quatrième place faisant suite à un vrai
coude à coude avec Reims, et encore victorieuse
en Coupe de France. Lille remporte son quatrième
trophée en huit ans, une vraie performance,
en battant Nancy (2-1) en finale à dix minutes
du coup de sifflet final. France Football désigne
Baratte "joueur français le plus populaire".
Il quitte Lille sur ce triomphe pour Aix, en
D2, alors que son poids commence à attiser les
critiques.
1953-54 : champion de France
Lille joue le titre avec Reims et Bordeaux.
A deux journées de la fin, Les Nordistes sont
troisièmes à deux points de leurs deux concurrents.
Lors des deux dernières journées, ils battent
Reims et Nancy sur le même score de 3-0 pour
enlever le titre.
Ce deuxième titre, après celui de 1946, est
surtout la récompense d'une défense de fer articulée
autour de Ruminski, Pazur, Van der Hart et Lemaître:
22 buts encaissés en 34 matches!! Le record
tient toujours.
1954-55 : dernière victoire en Coupe de France
Surfant sur la vague de ce deuxième titre après
celui de 1946, le président Henno recrute en
grande pompe le Hongrois Zakarias. La Hongrie,
centre de la planète football avec son diamant
nommé Puskas et cette irrévérencieuse victoire
à Wembley contre l'Angleterre (6-3). Très vite,
les matches révèlent un joueur très mauvais,
qui s'avère en réalité être tchèque. Sans doute
le plus grand canular de l'Histoire des transferts
français.
La défense naguère solide prend maintenant l'eau
après le départ de Van der Hart et la blessure
de Ruminski. Un succès retentissant contre la
Racing (6-0) lance pourtant idéalement le LOSC
dans la course au titre. Mais l'équipe s'englue
dans l'à-peu-près, sombre dans les tréfonds
du classement et joue sa survie contre Troyes
à l'ultime journée. La défaite (1-2) précipite
les joueurs en barrages.
Il reste la coupe de France pour rêver à quelques
émotions. Elle est enlevée avec le panache digne
de l'événement : Lille bat Nantes, Grenoble,
Reims, Toulouse, Strasbourg en demi-finale (4-0)
et Bordeaux en finale (5-2), puis assure facilement
sa place en D1 lors des barrages face à Rennes
(1-0, 6-1).
Personne ne le sait alors, mais c'est définitivement
la fin d'une époque. Lille ne gagnera plus aucun
titre, plus aucune coupe jusqu'à la fin du siècle,
et deviendra, au mieux une honnête équipe de
Première division jusqu'au mandat de Vahid Halilhodzic
en 2000-2001. Un autre siècle.
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