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Même
si l'Olympique lillois remporte en 1933 le premier
championnat pro en France, le football lillois,
éclaté entre deux clubs, ne s'exprime véritablement
que sur sa terre du Nord avant la Deuxième Guerre
mondiale.
1902-1914 : L'OL, enfant du Nord et de Henri
Jooris
L'Olympique lillois, fondé en mars 1902, naît
d'une fusion entre le Stade lillois et l'Iris
club lillois, les deux premiers clubs de la
capitale des Flandres. Déjà, ses couleurs sont
le rouge et le blanc. L'OL obtient rapidement
un statut de club important sous la présidence
de Henri Jooris,
entre 1911 et 1931. Un puissant, fondateur puis
président de la Ligue du Nord de football, futur
vice-président de la Fédération française de
football.
Le patron du club recrute en 1912 deux entraîneurs
anglais réputés, Williams et Nunyan, qui débouchent,
sur un titre de champion du Nord et une demi-finale
de championnat de France USFSA en 1913, puis
sur le titre de champion de France (Trophée
de France) en 1914. Saison exceptionnelle qui
voit le club gagner 17 de ses 19 matches, ne
concéder qu'une seule défaite, marquer 70 buts
et en encaisser 11 !
Lille doit cette réussite à un fonctionnement
qui n'est - déjà ! - pas intégralement amateur.
Un bon stade accueillant des matches internationaux
(5 000 places), deux clubs de supporters comptant
2 000 membres, et la rémunération de certains
joueurs (dont le Britannique Buzza) lui donnent
une envergure unique
et inédite en France pour un club de football.
Des pratiques tellement peu en phase avec l'amateurisme
ambiant que le président Jooris est suspendu
deux ans au sortir de la Première Guerre mondiale,
conflit qui décime les rangs de l'équipe première
dans des proportions dramatiques.
1918-1932 : Le professionnalisme à reculon
Privée tragiquement de ses meilleurs joueurs,
l'équipe n'est plus aussi hégémonique pendant
les années 20. En 1914, elle comptait huit internationaux
français et un international belge. La plupart
ne sont plus là au sortir du conflit. L'OL est
"seulement" triple champion du Nord (1921, 1930,
1931) lorsque le débat
sur l'instauration du professionnalisme
gagne la France. « Le public a le droit d'exiger
de grandes équipes puisqu'il paie », est la
ligne de conduite de Henri Jooris, du moins
au départ. Treize mois plus tard, il se ravise.
« Nous ne sommes pas mûrs » dit-il finalement.
En réalité, sa double casquette de président
de club et de la Ligue du Nord lui fait craindre
une dévaluation du prestigieux championnat régional.
Mais c'est précisément une question de rivalité
locale qui va conduire l'OL à franchir le pas.
A la surprise générale, le club rival de banlieue,
Lille-Fives passe
pro en 1932 sous l'insistance du président Louis
Henno. L'Olympique lillois se sent obligé de
l'imiter pour ne pas encourager la saignée de
joueurs vers le nouveau club pro.
Déjà, Louis Vandeputte, André Cheuva et Georges
Berry, trois des meilleurs joueurs, avaient
quitté le navire pour un contrat pro. Avec un
nouveau président à sa tête, Gabriel
Caullet, bras droit de Henri Jooris,
l'OL devient pro à la dernière minute, fin 1932,
grâce au retrait in extremis de plusieurs autres
candidats comme Saint-Etienne ou Bordeaux. Le
hasard en fera le premier champion de France
professionnel...
1932-1940 : Le premier titre professionnel pour
l'OL
Le SC Fivois est alors un bon club local, beaucoup
plus amateur et franchouillard dans son fonctionnement,
et de ce fait un peu moins performant mais assez
débrouillard pour avoir atteint trois demi-finales
de coupe de France et terminer à la deuxième
place du championnat en 1934. Les Fivois disputeront
même une finale en 1941, perdue contre Bordeaux.
En 1932-33, malgré deux défaites contre Marseille
dans son groupe A de la Première division, dont
un match retour inachevé et rythmé par les bagarres
générales (0-7), l'OL termine premier de sa
poule et dispute la finale nationale du premier
championnat de France de football professionnel,
à Colombes, devant 12 000 spectateurs dont 6
000 Lillois descendus dans la capitale pour
l'événement. Lille s'impose 4-3, grâce à un
but de Winckelmans à cinq minutes de la fin
et devient le premier
champion de France de l'Histoire.
Les premiers champions de France professionnels
en 1933 : Défossé, J. Vandooren, Théry,
Meuris, MacGowan, Beaucourt, Decottignies, Lutterlock,
Barret, Varga, Winckelmans - Delannoy, Delosse,
Amand, Wattrelot, Paul et Léon Lubrez, Opata,
Vandevelde - Entraîneur : De Veen.
C'est pourtant l'autre grand rival d'alors,
le Racing club de Paris, qui domine le football
français et fournit la plupart de ses joueurs
à l'équipe nationale. Les Lillois sont vice-champions
en 1936 (derrière le Racing) et perdront la
finale de la coupe de France en 1939 (encore
contre le Racing).
L'année 1940, avec la mort à la guerre du président
Caullet, commandant dans l'armée, et le décès
à Cannes de Henri Jooris, victime d'un cancer,
apporte la démonstration douloureuse que toute
une époque est révolue. Plus que les footballeurs
nordistes ne sont alors en mesure de l'imagnier.
S'ouvre alors l'ère des fusions qui va déboucher
sur la naissance du LOSC.
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