Lille découvrira les coupes
européennes en 2001-2002. Drôle d'aboutissement
pour un club qui a dominé le football français
de l'immédiat après-guerre (1944-1955) après
avoir remporté le premier championnat de France
professionnel, en 1933. Après quarante-cinq
d'inconstance et parfois de médiocrité, retour
sur le passé riche d'un club qui espère en avoir
renoué le fil le plus glorieux.
Ça s'appelle peut-être le sens de l'Histoire,
ou le prix à payer pour douze saisons au sommet
de la réussite sportive et au plus bas de la
gestion d'un club. C'est peut-être plus simplement
la malchance : Lille était en tout cas, au début
de la saison 2000-2001,
l'unique pensionnaire
de la D1 à n'avoir jamais disputé de coupe européenne.
Ce même LOSC, fils légitime de l'Olympique lillois,
premier champion de France de l'Histoire du
professionnalisme en France en 1933, avait pourtant
dominé le football français de l'immédiat après-guerre,
jusqu'en 1955. Les coupes d'Europe naîtraient
la saison suivante. « C'est comme ça » dirait
Vahid Halilhodzic.
L'oubli est aujourd'hui réparé. La saison prochaine,
Lorient succèdera à Lille à l'étonnant palmarès
des clubs vierges de toute compétition continentale,
pendant que le LOSC, venu directement de D2,
préparera sa première coupe de l'UEFA, si ce
n'est pas la Ligue des Champions.
A l'heure de cette première longtemps attendue
sur cette authentique terre de football, il
faut se souvenir que
les triomphes du LOSC dans
les années 40 et 50 étaient d'abord deux d'une
région, le
Nord, qui a dominé le football français
à partir du premier championnat pro, en 1932-33,
jusqu'à l'évènement du Stade de Reims et des
coupes européennes, à partir de 1955.
Pour prendre la mesure d'un tel ancrage, il
suffira de rappeler que six clubs sur les seize
de la Première division du championnat 1937-38
étaient issus de la région Nord-Pas-de-Calais
: L'Olympique lillois, Fives, L'Excelsior de
Roubaix, le Racing Club de Roubaix, Lens et
Valenciennes. En 1937, la finale de la Coupe
de France avait pris l'allure d'un affrontement
inter-quartiers, avec une affiche Excelsior
Roubaix - RC Roubaix...
Et à l'époque, parmi tous les clubs nordistes
qui régalaient la France au même titre que le
Racing Club de Paris et l'OGC Nice, Lille était
le premier d'entre tous.
Avant Reims, Saint-Etienne,
Bordeaux et Marseille, il fut le grand club
français de l'après-guerre, remportant cinq
coupes de France et deux titres de champion
entre 1945 et 1955, se classant, le reste du
temps, à des places qui n'étaient pas encore
européennes mais le seraient bientôt.
"Il lui a manqué deux choses: la Coupe d'Europe
et la télévision. Le grand LOSC est né trop
tôt pour l'une et l'autre. Peut-être le destin
de la région en eût-il été différent", a écrit
France football à quelques jours du retour du
Lille nouveau en D1, au printemps 2000.
La popularité et le rayonnement national de
l'équipe fanion n'étaient cependant pas les
seules facettes d'un club en avance sur son
temps. Les querelles de dirigeants, les affaires
de gros sous, de transferts ratés et même de
stades mal sécurisés n'ont pas attendu le développement
du câble et du satellite pour s'emparer du football.
Lille a expérimenté de près tous ces travers
en douze saisons ramassées. La grandeur et les
travers du football y avaient, l'une et les
autres, trouvé un terrain d'expression parfait.
L'histoire du football à Lille peut être découpée
en trois périodes d'inégales longueur et surtout
d'ingale réussite :
-
1902-1944 : Avant le LOSC, les succès et la
rivalité entre les deux clubs rivaux, l'Olympique
lillois (premier champion de France en 1933)
et le SC Fives. Les deux clubs fusionneront
pendant la guerre pour donner naissance au LOSC.
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-
1944-1955 :
L'âge d'or du football lillois, avec deux titres
de champion et cinq coupes de France.
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-
1955-2001 :
Une longue période de léthargie et d'inconstance,
sans titre ni rayonnement, seulement marqué
par quatre titres de champion de France de D2,
dont les trois premiers n'ont eu aucune postérité
(malgré le travail effectué par José Arribas
à la fin des années 70). Le dernier, celui de
la bande de Hallilhodzic, a trouvé en D1 une
épatante continuité.
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La privatisation : Après plus de vingt ans
d'une gestion municipale, le LOSC s'est donné
l'ambition de devenir un club européen avec
sa privatisation en 2000. Retour sur une mue,
après un dépôt de bilan frôlé en 1994.
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